Un homme lié au violeur en série français Dominique Pelicot est jugé à Lyon, accusé d’avoir drogué et violé sa compagne tout en filmant les agressions et en les diffusant en ligne.
L’accusé, qui a comparu jeudi et vendredi devant le tribunal correctionnel du Rhône, a nié les charges.
D’après les conclusions des enquêteurs, le garde du corps de 39 ans était « désireux de tirer profit de l’expérience de Pelicot », dans le but présumé de droguer sa femme avant d’abuser d’elle.
L’affaire de Lyon a émergé de l’enquête qui a débuté lors de l’arrestation de Pelicot le 12 septembre 2020. Sur son téléphone, les enquêteurs ont trouvé des messages avec l’accusé, dans lesquels Pelicot aurait proposé de se rendre à Lyon pour droguer et violer la compagne de ce dernier.
Le suspect a été arrêté près de trois ans plus tard, en juin 2023. L’enquête a révélé que, lors de l’examen de son téléphone, la police avait trouvé des vidéos montrant sa partenaire inconsciente pendant qu’il commettait des actes sexuels.
Pelicot, qui purge une peine de 20 ans de prison pour avoir violé sa femme droguée et avoir incité des dizaines d’inconnus à l’agresser, ne comparaîtra pas devant le tribunal, selon son avocate, Beatrice Zavarro.
La France modifie son code pénal pour définir le viol comme un rapport sexuel sans consentement.
Pannes de courant inexpliquées
Après avoir initialement avoué, l’accusé s’est rétracté et a clamé son innocence. Il a affirmé que les actes reprochés s’inscrivaient dans un « jeu sexuel » avec la mère de son fils, ce qu’elle conteste.
La femme a déclaré aux enquêteurs avoir subi plusieurs « pertes de connaissance » après s’être endormie, ainsi qu’une « fatigue intense entre 2020 et 2023 » sans en comprendre la raison.
Les enquêteurs ont conclu que son « sommeil profond » dans les vidéos « exclut toute forme de consentement » et « indique une surprise ».
L’homme est également accusé d’avoir filmé sa compagne à son insu, à l’aide d’une caméra cachée. Selon les enquêteurs, les images montrent « sa femme nue » dans « l’intimité de leur chambre », l’enregistrement remontant au début de leur relation en 2015.
Il est soupçonné d’avoir diffusé ce contenu en ligne via de faux profils créés à son nom.
La femme a déclaré aux enquêteurs qu’à plusieurs reprises, des hommes s’étaient présentés sur son lieu de travail, croyant avoir organisé un « rendez-vous » avec elle.
« Il s’agit d’une affaire accablante qui démontre à quel point ma cliente a été déshumanisée », a déclaré son avocate, Julia Studient.
« Une épreuve très difficile » : déclaration de Gisèle Pelicot après le procès pour viols collectifs
Échos du procès Pelicot
L’affaire Pelicot a secoué la France et a déclenché une prise de conscience nationale sur les violences sexuelles, le consentement, la soumission chimique et les violences faites aux femmes au sein des relations.
Pelicot a été condamné après avoir admis avoir drogué son épouse de l’époque, Gisèle, pendant près d’une décennie et avoir invité des hommes rencontrés en ligne à la violer alors qu’elle était inconsciente.
L’affaire a attiré l’attention du monde entier, notamment parce que Gisèle Pelicot a renoncé à son droit à l’anonymat et a insisté sur le fait que la honte des violences sexuelles « doit changer de camp » – des victimes aux agresseurs.
Les enquêteurs chargés de l’affaire Lyon pensent que l’accusé a sollicité les conseils de Pelicot car il aurait planifié de droguer et de maltraiter sa propre partenaire.
L’accusé est également poursuivi pour possession et diffusion de nombreuses images pédopornographiques.
Le verdict est attendu vendredi en fin d’après-midi. S’il est reconnu coupable, l’accusé encourt jusqu’à 20 ans de prison