La fille de Gisele Pelicot porte plainte pour abus sexuels contre son père.

La fille de Gisele Pelicot porte plainte pour abus sexuels contre son père.

Gisele Pelicot, 72 ans, est devenue l’an dernier une icône féministe pour son courage lors du procès de son ex-mari pour viols collectifs commis pendant leur mariage.

Elle avait insisté pour que le procès se tienne en public et avait renoncé à son droit à l’anonymat.

En décembre , un tribunal du sud de la France l’a condamné à 20 ans de prison pour l’avoir droguée et violée, et pour avoir incité des dizaines d’hommes à faire de même pendant près de dix ans.

Ses 50 coaccusés ont également été reconnus coupables et condamnés à des peines allant de trois à 15 ans.

« Nous avons clairement constaté au tribunal que Dominique n’a jamais été en mesure de dire toute la vérité sur ce qui s’était passé », a ajouté Darian.

Darian a fait campagne pour sensibiliser le public à l’utilisation de drogues pour commettre des abus sexuels et a écrit en 2022 un livre sur l’épreuve de la famille, « Et j’ai cessé de t’appeler papa ».

Son nouveau livre sur les victimes d’abus sexuels, intitulé « Pour que l’on se souvienne », est arrivé en librairie mercredi.

« Message à toutes les victimes »

Dans son dernier livre, elle se souvient de son passage au tribunal lors du procès de son père, le décrivant comme « la pire expérience de [sa] vie » et son sentiment d’avoir été « la personne la plus oubliée lors du procès ».

Elle confie que depuis le procès, elle est plongée dans un « vide abyssal » et un « sentiment d’injustice » qui la « dévaste ». Elle souhaite plus que jamais donner une voix aux victimes d’agressions sexuelles à l’aide de drogues, écrit-elle.

« La reconstruction nécessite la reconnaissance de mon statut de victime », a-t-elle déclaré à l’AFP, ajoutant : « Je sais que le chemin est encore long ».

Au-delà de « mon cas personnel », la plainte déposée cette semaine représente « un message adressé à toutes les victimes », a-t-elle déclaré.

Caroline Darian a assisté au procès aux côtés de sa mère, Gisele Pelicot.
Caroline Darian a assisté au procès aux côtés de sa mère, Gisèle Pelicot © Christophe SIMON / AFP

« Il est important pour moi de transmettre ce message afin que d’autres victimes » de sédation chimique puissent « se dire qu’il y a des choses à faire, qu’il existe des remèdes et qu’il ne faut jamais abandonner ».

Elle a intensifié ses activités publiques depuis le procès, notamment par le biais d’une ONG qu’elle a créée, appelée M’endors pas (Ne vous endormez pas).

« C’est un combat qui demande beaucoup de temps, de concentration et une certaine forme d’effort mental, mais ça en vaut vraiment la peine », a-t-elle déclaré à l’AFP.