Don Rafael s’arrêta devant l’imposante demeure de son fils aîné, située dans l’un des quartiers les plus huppés de Mexico. Ses mains, durcies par des décennies de labeur sous le soleil d’Oaxaca, tremblaient légèrement, non pas à cause de la fraîcheur matinale, mais par incertitude.
Il portait un pantalon en jean rapiécé, une chemise à carreaux délavée et un vieux chapeau de paille qui dissimulait en partie son visage fatigué. Un sac de jute contenant quelques effets personnels était en bandoulière.
Personne dans cette ville ne savait que, trois jours plus tôt, Don Rafael avait signé l’acte de vente de 100 hectares de terres fertiles. Il avait touché une fortune, une somme colossale, car un promoteur projetait d’y construire un complexe touristique de luxe. Le vieil homme avait désormais plus d’argent sur son compte en banque que ses enfants n’en gagneraient en une vie de travail de bureau.