Dans un procès historique pour abus sexuels sur mineurs, des victimes demandent pourquoi la France refuse de savoir.

Dans un procès historique pour abus sexuels sur mineurs, des victimes demandent pourquoi la France refuse de savoir.

Alors, qu’est-ce qui a mal tourné ?

Les horreurs étaient-elles trop extrêmes, le sujet trop désespérément sombre ou tout simplement trop difficile à envisager ?

Pourquoi, alors que le monde entier connaît les noms de Dominique et Gisèle Pelicot, un procès avec un nombre de victimes bien plus important – des enfants victimes d’abus sous le nez du corps médical français – est-il passé inaperçu, ne suscitant guère plus qu’un frisson collectif ?

MIGUEL MEDINA/AFP Gisèle Pelicot est entourée de sa famille et des médias à sa sortie du tribunal en décembre 2024MIGUEL MEDINA/AFP
Gisèle Pelicot (C) est devenue une figure emblématique du procès de son ex-mari.

Pourquoi le monde ne connaît-il pas le nom de Joël Le Scouarnec ?

« L’affaire du Scouarnec ne mobilise pas beaucoup de monde. Peut-être à cause du nombre de victimes. On entend la déception, le manque de mobilisation générale, ce qui est dommage », a déclaré Maëlle Noir, de l’ONG féministe Nous Toutes .

Certains observateurs ont déploré l’absence, dans ce cas précis, d’une figure emblématique comme Gisèle Pelicot, dont le courage public a captivé l’imagination du public et permis de trouver une lueur d’espoir dans une histoire par ailleurs bien sombre.

D’autres sont parvenus à des conclusions encore plus dévastatrices.

« Le problème, c’est que ce procès porte sur des abus sexuels sur des enfants. »

Il règne une quasi- omerta sur ce sujet à l’échelle mondiale, mais particulièrement en France. « On refuse tout simplement de le reconnaître », m’a confié Myriam Guedj-Benayoun, avocate représentant plusieurs victimes de Le Scouarnec.