Le chikungunya est devenu une menace pour la santé mondiale, avertissent les chercheurs. Une transmission autochtone a été signalée dans 114 pays, plaçant plus des trois quarts de la population mondiale en situation de risque.
Le taux de létalité est d’environ 1,3 pour 1 000, soit une perte annuelle d’environ 284 000 années de vie ajustées sur l’incapacité, un indicateur qui mesure les années de vie en bonne santé perdues en raison de la maladie ou du handicap.
Pour anticiper la propagation future, les chercheurs ont modélisé les conditions nécessaires au virus du chikungunya et à ses deux moustiques vecteurs à partir de dizaines de milliers de données géolocalisées attestant de leur présence dans le monde.
Ils ont ensuite projeté comment leurs aires de répartition actuelles pourraient évoluer entre aujourd’hui et 2100, sur la base de 16 scénarios climatiques élaborés par le Groupe d’experts intergouvernemental des Nations unies sur l’évolution du climat (GIEC).
Ces scénarios simulent la manière dont les émissions de gaz à effet de serre et les évolutions sociétales pourraient interagir d’ici 2100.
Si l’ampleur exacte de l’expansion de la maladie dépend du scénario climatique retenu, le centre-nord de l’Europe, le nord-est de l’Amérique du Nord et l’Asie orientale apparaissent systématiquement comme des futurs foyers majeurs.
Le virus n’est pas actuellement endémique en Europe ou en Amérique du Nord ; les cas recensés dans ces régions concernent uniquement des voyageurs en provenance de zones tropicales ou subtropicales.